Regard sur Anselme Boix-Vives

Mis à jour : oct. 8


Anselme Boix-Vives, « Grand animal noir », 1967, huile sur carton, 57 x 86 cm



Cette peinture à l’huile sur carton attire notre regard dès le premier coup d’oeil. Un grand animal, d’apparence monstrueuse, surgit de manière frontale dans la partie supérieure de la composition. Il apparaît comme un être hybride, avec un museau de loup au centre, un oeil de cyclope au dessus et de grandes pattes qui se déploient comme des tentacules.

Il emprisonne deux personnages, qui se tiennent debout au centre. Les yeux écarquillés, la bouche entrouverte, ils paraissent aspirés par le monstre qui les capture.

L’artiste reprend des codes de la peinture ancienne et mélange ceux de la peinture religieuse classique à des mythes populaires. On pourrait dire que des arcs voûtés, formés par les pattes de l’animal, entourent les personnages qui deviennent presque des icônes, des martyrs. Mais à l’emplacement traditionnel des commanditaires, souvent un couple de part et d’autre de la toile, il place deux personnages, traités avec humour, comme ceux également de profil, en posture de prière qui entouraient les scènes religieuses.

Une végétation luxuriante, synonyme de vie, de renouveau, et de fertilité vogue en heureuse harmonie avec les pantalons des personnages. Se dégage alors, aussi, une atmosphère de fête, de mariage?

La palette est riche, à dominante de rouge et de bleu. L’animal n’est pas réellement noir, comme le suggère le titre, mais d’un bleu très foncé rehaussé de touches de vert émeraude. Sa facture est lisse, sa présence rompt avec les nombreux détails qui s’amoncellent sur le reste de la composition. Cet animal marque une pause dans le rythme soutenu du tableau.

Il fait basculer la scène dans la sphère de ce qui pourrait faire peur mais aussi émerveiller. Il confère à l’ensemble une dimension fantastique, légendaire, emprunte au champs lexical des contes de fée, avec une connotation manichéenne que souligne la composition. Une sorte de lutte survient avec d’un côté des couleurs froides, ici symbole de la peur incarnée par le grand animal, et d’un autre des couleurs plus chaudes synonymes de vie.


Plus d'informations sur l'artiste Anselme Boix-Vives

du mardi au samedi   •   11h-13h et 14h30-19h30   •   5 rue du Perche, 75003 Paris, France   •   01 42 74 20 52  

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