Regard sur Anselme Boix-Vives

Mis à jour : mai 18


Anselme Boix-Vives, « Les bossus lunaires », 1963, gouache sur carton, 59 x 80 cm


Quatre personnages font face au spectateur dans une composition riche et colorée. L’espace est saturé de détails dont la palette acidulée attire l’oeil et la curiosité. Les deux personnages aux extrémités gauche et droite sont trapus, grands et peut-être inquiétants. Ils touchent presque les bords de l’oeuvre en hauteur, tandis que les deux personnages centraux sont plus petits. Placés l’un au-dessus de l’autre, ce sont de jeunes enfants. « En gloire » ou dans un berceau ? Leurs visages ont une expression joyeuse, ils semblent s’amuser. Leurs costumes rappellent certaines tenues traditionnelles de Catalogne où Boix-Vives a passé ses premières années. L’artiste a construit son oeuvre comme une frise : les personnages s’alternent, cote à cote, au devant d’un fond richement décoré. Une grande spontanéité émane de cette peinture où la multitude des traits de gouache semble jaillir à l’instant du pinceau du peintre. Ces traits sont vifs, les couleurs se succèdent dans une harmonie à dominante chaude, oranges, rouges, rehaussée de bleus profonds et de verts pétillants. Différents mondes se juxtaposent : on peut y voir un jardin enchanté, à la nature luxuriante où les palmettes antiques côtoient des feuilles d’acanthes qui se mêlent à des palmiers méditerranéens dans une douce journée de printemps. Un soleil radieux caresserait de ses rayons la surface picturale, illuminant les personnages d’une lumière rasante. On pourrait aussi deviner un monde spatial, où ces « bossus lunaires » viendraient tout droit d’une planète fantastique et merveilleuse, dans laquelle la nature serait reine. Il pourrait également s’agir d’un jour de fête, d’une danse joyeuse où les convives s’amusent et admirent la magie des feux d’artifices qui décorent le ciel. À nous d’imaginer! La composition a, sans doute été inspirée par les vitraux romans des chapelles de Haute-Savoie où il a vécu. Des voûtes arrondies encadrent gracieusement les icônes. Les personnages centraux seraient-ils enserrés dans une forme qui suggère un poisson? Serait-ce une interprétation de Jonas? Ou le symbole d’un baptême?

© 2020 par Galerie Alain Margaron. Créé avec Wix.com 

5, rue du Perche 75003 Paris, France

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