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Fermée en août
Paris, le 1 février 2012
A la fois figurative et abstraite, l’oeuvre de René laubiès conduit notre imagination sur le chemin d’une méditation face à la nature. Le réel qu’il représente n’est pas opaque mais fluide pour nous mettre en connivence avec lui. Ce sont à la fois nos sens qui sont sollicités, notre imagination et notre attention dans ce qu’elle a de plus aigüe pour voir, notamment, des silhouettes sur la mer apparaître et disparaitre, presque en même temps, apprendre à regarder le perpétuel mouvement des choses, découvrir la quintessence de la nature, son « esprit », proche du souffle, du flux. On est proche de la spiritualité taoiste qui a nourri toute sa vie la pensée de Laubiès.
René Laubiès qualifiait ses œuvres jusqu’en 1955 de « signes », des signes qui sont nés de ses premières abstractions paysagistes, inspirées notamment de la luxuriante nature du Vietnam de son enfance ou les paysages du Maroc où il a fini son droit. "Il y avait des signes sur fonds de pastel, vers 1950, mais dans mon esprit ce n’était pas tellement abstrait, c'était la mer, la montagne, les nuages. »
« A ce moment là, il y avait à Paris beaucoup de gens qui faisaient des signes. Mais ces signes n’avaient rien à voir avec la calligraphie. Pour ma part j’ai fait plutôt des signes (proches de la calligraphie) dans mes dessins. » Sur ses peintures, les signes sont là pour affirmer, de façon abstraite, la présence du peintre, et participer à la construction du tableau. Ce sont les dessins qui se rapprochent des calligraphies.
Vers 1956, René Laubiès a senti qu’il avait épuisé les signes, leur spontanéité et leur force créatrice. " Je suis alors devenu plus paysagiste, plus proche encore de la nature.» Il aimait le ciel, le soleil levant ou couchant, les bords de mer, le miroitement de la lumière, l’envol des oiseaux, les back-waters qui prolongeaient la plage où il passait ses journées dans la contemplation.
Laubiès peint peu, une dizaine de peintures par an, tout au plus. " Chaque tableau est fait d'un million de choses, il doit être à chaque fois un acte poétique, quelque chose d'essentiel. Je n'ai pas une constitution qui me permette de dire plus de dix choses essentielles par an."
A l’occasion de cette nouvelle exposition, nous avons édité un catalogue : « Laubiès, les années 50. »
- A. M-