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Galerie Alain Margaron 5, rue du Perché 75003 Paris

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Reims Cécile

1927

Sélection parmi les oeuvres disponibles à la galerie

Cécile Reims est représentée par la galerie Alain Margaron depuis 2007.
Dernières expositions institutionnelles : Musée de l’hospice Saint-Roch, Issoudun (2000) ; Bibliothèque nationale de France et Chalcogra- phie du Louvre (2004); Musée de Carcassonne, Musée d’art et d’histoire du judaïsme (2011) ; Musée Jenisch à Vevey (2012). Parmi les dernières publications :
- Cécile Reims, catalogue raisonné, texte de Lauren Laz (Musée Jenisch, 2012) ;
- Cécile Reims, une vie à la pointe du burin, texte de Alexandre Grenier (Alain Margaron Editeur, 2011) ;
- Cécile Reims graveur (ed. Bnf ).

Cécile Reims a été initiée à la gravure au burin à  Paris, à l’âge de 22 ans  par Joseph Hecht, maître rigoureux. Cécile Reims  produit entre 1950 et 1960 une soixantaine d'oeuvres originales qui attirent l'attention. "Ce fût une discipline très dure, avouera l’artiste, une discipline ardue. Mais, une fois l’outil (le burin) maîtrisé, je me trouvai face à l’acte créateur".*

Au tout début, en 1950, les premiers burins de Cécile Reims sont d’inspiration figurative et les sujets très réalistes : la Seine, les pêcheurs d’Espagne, les travaux et les jours dans Psaumes.
Puis vient la création des "Métaphores d’Ovide" et le "Bestiaire de la mort".

"Nous vivions en montagne, je dessinais, les rochers, les animaux. Auparavant, j’étais allée souvent au Jardin des Plantes du Musée d’Histoire Naturelle. De là m’est venue la possibilité, partant de dessins tout à fait réalistes, de les transmuer en quelquechose qui les dépasse. Si je n’avais pas rencontré le texte d’Ovide, ces dessins ne seraient jamais nés. Puisqu’il me faut toujours quelquechose de l’extérieur pour que germe ce que je porte en moi. Je sortais du sanatorium, j’ai gravé ces Métamorphoses, et sur la lançée, Le bestiaire de la mort : animaux dans un univers minéral qui, depuis, est maintes fois revenu dans mes gravures »*

(entretien avec Marie Cécile Miessner à l’occasion de l’exposition "Cécile Reims graveur" à la Bibliothèque nationale de France).

La rencontre de Cécile Reims avec Hans Bellmer est ensuite décisive: elle en interprète brillamment, au burin et à la pointe sèche, quelque deux cents dessins entre 1967 et 1975. Nul ne saurait nier aujourd’hui que son travail a largement contribué au succès universel de Bellmer.
"Bellmer m’a ouvert, dans la gravure, un chemin que sans lui, je n’aurais jamais pu faire seule. C’est évident, il m’a offert un vocabulaire mais je n’ai jamais emprunté le sien, ni celui de Fred (Deux) d’ailleurs".*

De même, à partir de 1971, Cécile Reims a gravé nombre de dessins de son époux Fred Deux – environ 400- , ainsi que de Leonor Fini.
A propos de la gravure d’"interprétation", où il appartient à Cécile Reims de traduire "en gravure" le dessin d’un artiste, elle reconnaît qu’il y a un "côté gageure : jusqu’où je peux être l’autre"... La métaphore est subtile: "Peut-être un acteur  ressent-il la même chose lorsqu’il interprète un personnage qui est à l’opposé du sien".*

Puis vient le temps où Cécile Reims ose aborder  une nouvelle rive "Avec « La chenille", gravée en 1986, dit-elle, je me suis autorisée à graver par simple désir, à être vraiment un graveur".

"De retour, comme autrefois, au Museum d’Histoire Naturelle, le musée étant fermé pour cause de rénovation, j’entrai à la bibliothèque  et tombai sur un ouvrage dont le titre m’avait frappé, un traité sur la chenille qui mange le bois de saule. Les illustrations étaient surprenantes, le texte en vieux français l’était encore plus: "La plupart des gens parlent (...) des choses illustres et moi je vais parler d’une misérable chenille". Je suis partie des éléments de cette chenille, intervenant planche après planche, très légèrement jusqU'à la transfigurer. Et pour moi, ce fût un acte décisif, comparable à la naissance des Métamorphoses. Partant d'une réalité existante et par laquelle un autre était déjà passé -il y avait une chicane supplémentaire- , j’étais arrivée à transcender cette misérable chenille. (...) Cela a été un moment vraiment heureux."*


Depuis quelques années, Cécile Reims grave à nouveau également d'après ses propres compositions. "Sa qualité d'interprète, d'abord secrète puis dévoilée, la relie à une tradition splendide qu'on oublie trop aujourd'hui, même s'il existe de nombreux signes avant coureurs d'une réhabilitation de cet art. Mais son talent propre d'inventeur, jouant de virtuosité et d'élégance, mérite aussi bien d'être salué." (propos de Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque nationale de France)



Biographie


1927
Naissance à Paris de Cécile Reims le 19 octobre et mort de sa mère. L'enfant est confiée à ses grands parents maternels quivivent dans une bourgade de Lituanie. Elle grandit au sein d'une famille nombreuse, où le rituel quotidien et la célébration des fêtes rythment une existence dans laquelle toute chose trouve un sens et s'intrègre dans un ordre.

1933
Son père souhaitant qu'elle soit instruite en France fait revenir Cécile Reims à Paris, accompagnée d'une de ses tantes. L'enfant entre à l'internat du lycée Victor-Duruy. La brusque privation de tout ce qui ordonnait son quotidien jusqu'aux mots qui nomment - elle ne parle pas le français - ouvre une fissure elle-même indéfinissable.

1936
Cécile Reims quitte l'internat et vit avec son père. Elle passe ses jeudis à dessiner ou à découper dans les catalogues de réclames des personnages qu'elle réunit dans des vies imaginaires et toujours heureuses.

1940
L'Occupation.

1941
Premières lois raciales. Le port obligatoires de l'étoile jaune et les interdits qui l'accompagnent permettent à Cécile Reims de nommer le mal-ête qui l'habite.

1942
La rafle du Vél' d'hiv' disperse la famille. Cécile Reims rejoint des amis de sa tante, à Cauterets. Au lycée de Castres, elle rencontre une élève dans la même situation qu'elle, qui lui apprend qu'une résistance juive s'organise et, nouvelle bouleversante, que les Juifs ont un pays.

1943
Cécile Reims entre en rapport avec l'Organisation juive de combat. Elle est chargée de transporter des messages et des faux papiers.

1944
La libération. Retour a Paris. Retrouvailles avec son père et sa tante. Cécile Reims  essaie de reprendre ses études mais se sent étrangère au monde des étudiants.

1945
Cécile Reims apprend que toute sa famille en Lituanie a été massacrée. Les études lui apparaissent comme un non-sens et elle s'engage dans l'arrnée clandestine qui se forme pour l'existence d'un État juif.

1946
Départ pour la Palestine munie de faux papiers. Cécile Reims passe quelques mois dans un kibboutz puis s'installe dans un quartier pauvre de la périphérie de Jérusalem. Elle travaille juste ce qu'il faut pour subvenir à des besoins très frugaux et avoir du temps pour dessiner. Nombreux croquis dans la vieille ville et ses environs.

1947
La guerre éclate. Jérusalem est assiégée. Cécile Reims est incorporée dans l'armée.

1948
Atteinte de la tuberculose, elle est contrainte de venir se soigner en France.

1949-1950
Cécile Reims s'inscrit aux cours libres de la Grande Chaumière. Elle rencontre le graveur Joseph Hecht dont elle deviendra l'élève. Elle dessine et grave Le Canal de l'Ourcq, La Seine à Levallois...

1951
Cécile Reims espère, surmonter sa " mélancolie " dans des lieux plus ensoleillés : elle part en Catalogue où elle loge chez des pêcheurs. Elle dessine et grave Visages d'Espagne. Grâce à Violette et Pepito Artigas, ses gravures sont éditées à Barcelone et lui permettent de prolonger son séjour.
De retour à Paris, elle expose à la galerie Le Fanal et chez Pelletan-Helleu.
Édition des Psaumes. Le musée Bezalel à Jérusalem présente sa première exposition de gravures.
Décembre : elle rencontre Fred Deux. Venu d'un horizon aux antipodes du sien (le sous-prolétariat de Boulogne-Billancourt), il lui fait découvrir une liberté et un rêve possibles ; un chemin sans tracé. Elle s'engage avec lui dans une existence précaire.

1952
Long séjour en sanatorium, à Hauteville (Ain). La lettre quotidienne de Fred est le fil qui la rattache à la vie.

1953-1955
Retour à Paris. Vie difficile.
Fred Deux dessine et écrit un peu.
Cécile Reims reprend des forces et se rend souvent au Jardin des plantes où elle fait des croquis d'animaux vivants ou de ceux réunis dans l'antre merveilleux qu'abritait la Grande Verrière.
Pour réaliser un désir de Cécile,né à Jérusalem, Fred lui procure un métier à tisser. À l'aide d'un manuel, elle invente des tissages ; certains se vendent dans les boutiques de la Rive gauche.

1956
Cécile Reims et Fred Deux décident de passer les mois d'été près d'Hauteville et louent dans le village de Corcelles une ferme abandonnée dans la montagne. La vie est paisible, heureuse. Fred, alité à cause d'une rechute de tuberculose, écrit La Gana. Cécile tisse et dessine.

1958
La publication de La Gana leur permet d'acquérir une maison à Lacoux - lieu dit " Le bout du monde ".
Cécile Reims grave Les Métamorphoses d'Ovide.

1959
Cécile Reims grave Le Bestiaire de la mort, publié ultérieurement sous le titre Lointains.
Le tissage prend de l'ampleur. Fred Deux expose à la galerie du Dragon à Paris.

1960
Cécile Reims grave Déserts et Cosmogonies puis se consacre au tissage qui assure désormais leur existence. Elle présente ses tissus dans les maisons de haute couture en tant que " représentante de la maison Deux ". Cette activité créatrice lui convient, sans réticences : artisan plutôt qu'artiste.

1961
Elle écrit L'Epure.

1966
Fred Deux se manifeste à présent dans des expositions à Paris. Par l'intermédiaire de l'imprimeur Georges Visat, Cécile Reims devient l'interprète des dessins de Hans Bellmer et abandonne le métier tisser.

À partir de 1967
Dans une étroite collaboration avec Hans Bellmer se succèdent des livres : Petit traité de morale, Les Marionnettes, Les Chants de Maldoror, Les Anagrammes du corps et de nombreuses gravures indépendantes.

1972
Par l'intermédiaire d'un éditeur commun aux deux artistes, Cécile Reims fait la connaissance de Leonor Fini. La " légèreté " des dessins de celle-ci offre au graveur une aire de détente, le plaisir du virtuose. Cécile grave Le Concile d'amour, puis, les années suivantes, des gravures indépendantes. Elle franchit un pas décisif en s'autorisant à transcrire en gravure les dessins de son compagnon - toutes les gravures seront signées par le dessinateur "cf.deux". Elle grave Copeaux.

1973 à 1975
L’altitude devenant préjudiciable à la santé de Cécile, ils quittent la montagne pour une ancienne ferme, très isolée dans la campagne du Berry, au Couzat. Elle grave Extroït, Parade interne.

1975
Mort de Hans Bellmer. Vingt-cinq gravures, d'après les dessins d'un carnet de Bellmer de 1942-1943, restent inédites. Ces cuivres font l'objet en 2003 d'une donation par Cécile Reims à la Chalcographie du Louvre.

1977
Entretien de Cécile Reims avec Roger Borderie dans " La femme surréaliste ", numéro spécial de la revue Obliques. Édition de Processus.

1979
Exposition à la librairie-galerie Obliques (Paris) de gravures personnelles anciennes et d'interprétation d'après Bellmer, Fini, Wunderlich et Fred Deux.

1977 à 1984

Cécile Reims grave presque exclusivement les dessins de Fred Deux : Gris, Abréviations, Mémorandum, Lettres à mon double, Autoportraits, Kaddisch, et entreprend la rédaction de Bagages perdus.

1984
Parution dans les Nouvelles de l'estampe d'un dossier de Françoise Woimant " Cécile Reims, graveur d'interprétation ". Son existence en tant que telle est officialisée.

1985
Cécile Reims et Fred Deux s'installent à La Châtre, en Berry. Elle s'adapte mal à la vie dans cette petite ville.

1986
Exposition à la galerie La Hune (gravures personnelles anciennes et premières gravures récentes depuis la longue interruption). Édition des États du corps, parution de Bagages perdus.
Elle grave La Chenille.

De 1986 à 1992
Alternent dès lors gravures personnelles éditées en recueils : La Chenille, Ailleurs, et les gravures d'après des dessins de Fred Deux : Miroirs de papier, La Traversée, Ombres portées, Psautier.
Elle grave par ailleurs d'après des gravures d'époque l'Alphabet de Maître E.S. et quatorze des " tarots " de Mantegna. Les cuivres de ces tarots restés inédits entrent par donation de Cécile Reims en 2003 à la Chalcographie du Louvre. Elle grave aussi, d'après des dessins de Leonor Fini, Orfeo et Le Livre de Monelle.

1992
Expositions : " Je est un autre " à la galerie La Hune - Brenner et " Bellmer, par son graveur Cécile Reims " au musée de l'Hospice-Saint-Roch (Issoudun). La galerie Rothe (Heidelberg-Francfort) et le musée de Brême exposent les gravures de Bellmer en précisant que la majeure partie de celles-ci sont des " gravures de Cécile Reims d'après des dessins de Hans Bellmer ".
Édition de Marques particulières de Fred Deux et de Variations de Leonor Fini.

1995
Exposition " Hans Bellmer et le graveur Cécile Reims " au musée de Bochum (Allemagne). Mort de Leonor Fini. Édition de La Vie antérieure de Fred Deux.

1996
À l'occasion de la parution du catalogue raisonné de L'Œuvre de Fred Deux gravé par Cécile Reims, exposition au cabinet d'Arts graphiques du musée de l'Hospice Saint-Roch.

1997
Exposition " Bellmer graveur " à la galerie-musée de la SEITA (Paris), avec les gravures de Bellmer provenant d'une donation de Cécile Reims à la Bibliothèque nationale en 1984. Dans sa préface au catalogue, Emmanuel Pernoud met l'accent sur le rôle de Cécile Reims dans cet œuvre gravé.

1998
Exposition des gravures personnelles de Cécile Reims à la galerie Michèle Broutta : " Quarante ans de gravures ". Édition des Histoires naturelles.

1999
Édition de L'Exil des roches, de Cécile Reims, et de Trépalium et L'O de l’œil, d'après des dessins de Fred Deux.

2000
Parution d'une monographie, Cécile Reims, graveur, au Cercle d'art. Réédition de L'Épure.
Exposition à la bibliothèque de L'Abbé-Grégoire (Tours), au musée de l'Hospice Saint-Roch (rétrospective) et à la galerie Michèle Broutta.
Édition de La Réalité imaginaire de Fred Deux.

2002
Parution de Plus tard. Expositions au musée de l'Hospice Saint-Roch et à la galerie Michèle Broutta à l'occasion de la parution de Cécile Reims, Fred Deux. Une vie, au Cercle d'art. Édition de Loin du temps et de Cosmogonies.

2003
Édition de L'Être éphémère de Fred Deux et de L'Herbier charnel de Cécile Reims.

2004
Édition de La Grande Muraille.
Exposition de Cécile Reims à la Bibliothèque nationale de France, à la Chalcographie du Louvre, à la librairie Niçoise.

2006
Edition de Forteresse de paille par la galerie Alain Margaron

2011
Une vie à la pointe du burin, Alain Margaron Editeur

Exposition Cécile Reims & Fred Deux à la Galerie Alain Margaron

2012
Cécile Reims : l'oeuvre gravé 1945 - 2011, Musée Jenisch Vevey


 


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