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ou St Sébastien Froissart L8
Mardi au samedi de
11h à 13h - 14h30 à 19h30
Fermée en août
1896 - Berlin, 1982
Karl Godeg est représenté par la galerie Alain Margaron depuis 2000.
Principales expositions institutionnelles : Kunstamt Wedding, Berlin ; Musées de la ville de Mönchenglabach et de Wüppertäl ; Kunstverein, Kassel ; Haus am Walsee, Berlin ; K.E. Osthaus Museum, Ha- gen ; Musée de Chartre.
Dernières publications :
-Karl Godeg, textes de J-J. Aillagon et Alain Margaron (Alain Margaron Editeur, 2012) ;
- Karl Godeg, l’alchimie de la lumière, textes de J-J. Aillagon, Fred Deux, S. Hickisch-Picard (L’Atelier des Brisants, 2005) ;
- Goldbilder, S. Hiekisch-Picard (éd. Alain Margaron, 2003).
Alain Margaron a découvert Karl Godeg en 1999. "C’est tout à fait par hasard que je suis tombé sur l’œuvre de Karl Godeg. En nous promenant dans le quartier des grandes galeries de l’Ouest, je suis entré dans un magasin d’antiquité qui organisait aussi des ventes aux enchères. Sur les murs, au-dessus de plusieurs rangées de tableaux médiocres, j'ai aperçu de vieilles toiles gondolées et poussiéreuses, avec des couleurs dorées intrigantes. J’ai demandé qu’on les descende et qu’on sorte des réserves les autres œuvres de cet artiste. J'ai été tout de suite attiré et même enthousiasmé. J’ai choisi une trentaine de ces toiles.
Je ne savais rien de leur auteur, mais les œuvres de Godeg étaient là et elles étaient fortes. A Paris, je les ai faites restaurer et encadrer, et rapidement j’ai organisé une exposition. Comme moi, sans rien savoir du peintre, les visiteurs ont été immédiatement conquis. Sepp Hiekisch-Picard, conservateur en chef du musée de Bochum, m’a plusieurs fois accompagné à Berlin. Nous avons fait des recherches, reconstitué l’ensemble de son parcours et même édité un livre que Jean Jacques Aillagon, ministre de la culture, ancien président du Centre Pompidou, a préfacé.
Depuis, j’ai souvent médité devant un de ses autoportraits. Qui est Karl Godeg, cet inconnu-connu que je ne connais qu’à travers son œuvre ? J’ai posé l’un de ses autoportraits devant moi. J’imagine que l’artiste avait alors la soixantaine, l’âge où il a été le plus fécond. Ce visage énigmatique, émacié trahit une grande force de caractère, un regard visionnaire, presque hypnotique, qui va jusqu’au bout de ses pensées, dont les préoccupations sont d’ordre spirituel, peut-être religieux.
Sans doute était-il peu disert et ne se laissait-il pas aborder facilement. En 1967, il n’hésite pas à écrire au directeur du Musée de Berlin qu’il renonce à la vraie peinture pour soigner sa femme accidentée. On est donc averti que tout ce qu’il fera désormais ne vaut rien ; et il s’en tiendra effectivement à quelques peintures du dimanche pour une clientèle de voisinage. A de rares exceptions près, dont un pastel à l’huile de 1979, que j’ai retrouvé presque miraculeusement, son œuvre ultime en quelque sorte, abstraite, d’une luminosité sombre et parcourue de brisures. Pourquoi cet arrêt brutal, quand la reconnaissance par ses contemporains enfin pointait ? Peut-être avait-il senti qu’il était allé au bout de sa quête en peinture ou pensait-il qu’à certains moments les grandes questions sur l’amour, la vie, la mort, l’au-delà exigent d’autres voies pour quelqu’un comme lui ?
Après la seconde guerre mondiale, comme beaucoup d’allemands, Godeg découvre, bien sûr avec retard, le surréalisme. Ce sera un choc. Godeg apprend à capter des forces invisibles, certaines dictées par son inconscient, d’autres extérieures à lui. Son questionnement rigoureux autant sur les techniques picturales que sur les couleurs lumineuses du ciel, de la terre, des minéraux, de l’or en particulier, et peut-être même du soleil derrière les vitraux, donne alors à son œuvre à la fois abstraite et métaphysique toute sa dimension."
- Alain Margaron -
Biographie
1896
Naissance de Karl Goldberg à Reichenbach en Allemagne dans le Vogtland.
Son père, professeur et organiste était aussi dessinateur.
Karl commence très tôt à dessiner, très fier d’être le meilleur de sa classe.
A 14 ans, il réalise les portraits de la plupart de ses camarades.
1911-1913
Apprentissage éprouvant chez un tailleur de pierres. Etudes de sculpture et de moulage à l’école décorative de Dresde (Allemagne). L’artiste travaille sur des sculptures en bois. Il est également acteur de théâtre.
1913-1914
Séjour de six mois à Londres où il a rejoint son frère étudiant.
1914-1918
Mobilisation dans l’armée allemande. Sur le front, à Verdun, il continue à dessiner. Il reste de cette période, une église en ruine entourée de quelques arbres désolés où sa personnalité affleure sous l’influence de Caspar David Friedrich. Blessé et gazé, il est démobilisé en 1918.
1919-1921
Etude de peinture à l’académie des beaux-arts de Berlin chez le peintre et scénographe expressionniste César Klein, créateur du " November gruppe ".
1921
Il commence à signer certaines de ses œuvres Godeg, essentiellement des portraits ainsi que des paysages où l’on sent une continuité avec l’expressionnisme allemand. du début du siècle. Il donne également ses premiers cours de peinture.
1926
Il épouse Thekla, actrice, rencontrée au théâtre, avec qui il partagera toute sa vie et dont il réalisera de nombreux portraits. Ils n’auront pas d’enfant. Elle a également écrit un livre pour lequel une artiste allemande connue, Käthe Kollwitz, avait réalisé des illustrations. La montée du nazisme en a rendu impossible la publication. Comme ils avaient d’autres sources de revenu pour vivre et peu de besoins Thekla ne l’encouragera guère à exposer.
1930-1940
Sous la chape de plomb du nazisme ses paysages deviennent plus conventionnels, toujours très bien peints, mais moins personnels que ses portraits et autoportraits qui gardent une grande vérité psychologique.
Godeg est toujours professeur. Le couple vit à Berlin et dans la campagne environnante.
1940-1945
Mobilisé pendant la seconde guerre mondiale, il est envoyé à Paris
comme dessinateur de guerre. Témoignent de cette période le croquis d’une rue de Paris et une aquarelle représentant des falaises bretonnes.
Après la guerre, Godeg reprend ses activités dans l’enseignement. Il est maître-assistant à l’université.
1952
Il affirme son talent de portraitiste avec une importante série de dessins de stars du cinéma, du théâtre et de la danse. Certains d’entre eux ont été publiés dans des magazines. Il renoue également avec ses recherches des années 1920 sur le rôle de la lumière dans les paysages. Comme beaucoup d’autres peintres allemands, c’est comme s’il avait pris deux décennies de retard par rapport à la scène artistique internationale. Restent de cette période des œuvres certes décalées mais parfois très belles et qui témoignent de la poursuite de son cheminement intérieur.
1954-1956
Il suit la voie onirique ouverte par le surréalisme et le mouvement Cobra.
1958
Il s’installe dans le quartier de Charlottenburg à Berlin Ouest.
1956-1961
C’est la grande période de Godeg. L’artiste conçoit son œuvre la plus personnelle, celle qui pourrait bien être sa contribution à l’art du XXè siècle.
Il abandonne les références figuratives dans une série de très beaux pastels à l’huile et quelques toiles, de 1957 à 1969. En 1960 et 1961, ses toiles rappelent parfois des ciels nuageux où joue la lumière. L’artiste n’en devient pas pour autant informel. Ses œuvres abstraites, sont composées avec beaucoup de rigueur.
1962-1965
C’est la période des " goldbilder " (littéralement, peintures d’or). Ses recherches d’alchimiste sur l’utilisation du métal, de l’or, de l’argent et du cuivre, dans la peinture l’ont amené à sauter le pas. Comme le souligne Franz Roh, il s’exprime avec la couleur comme s’il peignait avec de la lumière. D’abord totalement abstraites, ces œuvres laissent transparaître des allusions figuratives à partir de 1964. Godeg est enfin exposé, dans quelques musées et centres d’art en Allemagne, et dans deux galeries parisiennes. Critiques d’art respectés et journalistes s’enthousiasment. L’exposition la plus marquante est sans doute celle de Berlin ; à la " Haus am Waldsee ".
1967
Son épouse est gravement accidentée. Godeg écrit au directeur du musée de la ville de Berlin qu’il renonce à la peinture. Plus précisément, il ne peindra plus qu’en dilettante. Son combat est terminé. A de rares exceptions près, on ne trouvera plus la tension de ses œuvres antérieures. Godeg, complètement retiré de la vie artistique, finira en peintre petit bourgeois comme d’autres grands artistes allemands du XXè siècle (par exemple Meidner ou Schmitt-Rottluf). Pourtant sa période créative a été beaucoup plus longue que la leur.
1982
A la mort de Karl Godeg, c’est tout de même Eberhard Roters., secrétaire générale de l’influente société allemande pour les arts plastiques de Berlin qui prononce le discours d’enterrement, très élogieux et où il s’engage à continuer à promouvoir l’œuvre auprès des musées. " Ce qui a été le moteur de sa création artistique, affirme-t-il, c’était de chercher la fécondation de la lumière, par la profondeur sombre, obscure de l’être ".
1999
Alain Margaron est sous le choc devant quelques " peintures d’or " dans un magasin d’antiquités au centre de Berlin. Elles étaient là depuis des années, recouvertes de poussière et sur de vieux châssis à écrou.
2000
Premier accrochage à la galerie Alain Margaron à Paris : " Karl Godeg ou la magie de l’or ".
Sepp Hiekisch-Picard , conservateur du musée de Bochum en Allemagne, découvre l’œuvre. Godeg enthousiasme également les peintres qui fréquentent la galerie, en particulier Fred Deux, René Duvillier et Brigitte Terziev ainsi que des responsables importants du monde des institutions.
2003
Exposition individuelle exclusivement consacrée aux " goldbilder ". Edition d’un catalogue. Texte de Sepp Hiekisch-Picard.
2004
Sepp Hiekisch-Picard et Alain Margaron découvrent à Berlin des œuvres plus anciennes gardées jalousement par une femme âgée qui avait travaillé pour le couple dans le passé. Ils consacrent plusieurs week-end à un choix rigoureux.
2005
Rétrospective " 60 ans de peinture de Karl Godeg " à la galerie Alain Margaron
2007
" Karl Godeg : 1896-1982 " à la galerie Alain Margaron
2009
" Karl Godeg : Les peintures d'or " à la galerie Alain Margaron
2012
" Karl Godeg : 1957 - 1963 " à la galerie Alain Margaron
Principales expositions
1958
Kunstamt Wedding, Berlin.
1959
Galerie Schaumann, Essen.
Galerie Duncan, Paris.
1961
Galerie Belfond, Paris.
1962
Musée de la ville Mönchengaldbach.
Galerie Aumann, Dusseldorf.
1963
Galerie de Coninck, Paris.
1965
Kunstverein, Kassel.
Haus am Waldsee, Berlin.
1966
Karl Ernst Osthaus Museum, Hagen.
2000
" Ou la magie de l'or " 1962-1964, Galerie Alain Margaron, Paris.
2003
" Peintures de 1962 à 1965 ", Galerie Alain Margaron, Paris.
2007
"Nouvelles découvertes", Galerie Alain Margaron, Paris
2009
" Les peinture d'or ", Galerie Alain Margaron, Paris
2012
" Karl Godeg : 1957 - 1963 " à la galerie Alain Margaron
Collections Publiques
Musée du XXe siècle, Berlin.
Musée de la ville, Mönchengladbach.
Bibliographies
2012
Godeg, 1957-1965. Textes de Jean Jacques Aillagon et Alain Margaron. Alain Margaron Editeur.
2005
"Karl Godeg, l'alchimie de la lumière ", Préface de Jean-Jacques Aillagon , Textes de Fred Deux, Sepp Hiekisch-Picard, Alain Margaron - Editions L'Atelier des Brisants ( Cliquez-ici )
2003
"Karl Godeg, Peintures de 1962 à 1965" , Texte de Sepp Hiekisch-Picard - Edition Alain Margaron ( Cliquez-ici )
Etudes critiques par Heinz Ohff, Julien Alvard, Franz Roh et Will Gromannn
Articles parus entre 1961 et 1964 dans l'Express, Candide, New York Herald Tribune, Combat, Le Monde, Cimaise, Arts International (Zurich), les Echos, Le Figaro.
Parus dans la presse ces dernières années