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Galerie Alain Margaron 5, rue du Perché 75003 Paris

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Duvillier René

Parmi les oeuvres de Duvillier à la galerie Alain Margaron


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René Duvillier est entré à la galerie Aalin Margaron en 1998. " Je me souviens très bien de ma première visite dans le nouvel atelier de René Duvillier, près de la porte d’Italie. C’était en 1998. J’avais décidé de présenter l’œuvre de cet artiste que j’avais aimé lors d’une importante rétrospective au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 1972.  Mais je n’avais qu’une crainte, celle d’une visite d’antiquaires, chez un peintre toujours vivant. Et de trouver meilleures les œuvres anciennes. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une dizaine de toiles que René Duvillier venait de peindre en rouge et blanc de titane ! Violentes. Déchirées. Révoltées. Assassines. Elles débordaient d’une rage de vivre et de vaincre la maladie.

J’ai bientôt senti dans ces toiles un questionnement sur son identité. Duvillier avait du être transfusé et m’en parla souvent. Cette expérience lui laissa le sentiment d’avoir été dépossédé de lui-même par un sang étranger et il essayait dans sa peinture de réaffirmer avec ardeur qui il était.

En septembre 2001, la maladie et la fatigue lui interdirent de retourner à l’atelier. Duvillier ne pouvait plus peindre. Mais ce ne fut pas la fin de sa volonté de vivre à travers son œuvre, jusqu’à l’ultime, son destin. Il se tourna vers un support plus petit, le papier et dessina dans l’urgence un ensemble de pastels gras. Des apparitions, tantôt rassurantes, tantôt effrayantes. Des visions fugitives. Des formes conductrices. Il les appela Rencontres avec l’Ailleurs.

Lors de notre dernier entretien fin juillet 2002, Duvillier m’écrivit sur un papier, « au cas où », pour l’exposition prévue en novembre cette citation de Robert Desnos : « On me croit ici, et calme, je suis ailleurs, en des régions bouleversantes inconnues de tous ! ». Et il me dit : « vous pourrez écrire un jour que l’ailleurs a permis à René Duvillier d’être calme. On y rencontre des choses extravagantes. Pas seulement des choses horribles, mais des choses étonnantes et presque agréables. » Il considérait ses œuvres des dernières années comme les plus importantes qu’il n’ait jamais faites. Je ne suis pas loin de partager son avis. Les mêmes gestes qui avaient exprimé l’énergie des éléments, de l’espace, des corps amoureux, la volonté d’affronter le vertige qu’il avait éprouvé parfois (face à la mer ou aux vues d’avion) lui ont permis de garder les yeux grands ouverts. Sans céder à la peur ni à la consolation." Alain Margaron (extrait "Un lieu pour voir", 2009)

En  2010 Duvillier est présent au cinquième étage du Centre pompidou avec une toile de 1963, puis une encre  ainsi qu'une petite peinture de 1955 sur le mur consacré à la collection d'André Breton.

 

Biographie

1919

Naissance de René Duvillier à Oyonnax dans l'Ain

1935-1938
Etudes à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (atelier de Charles Guérin, élève de Gustave Moreau). Duvillier s'affirme néanmoins autodidacte, attribuant à cette école le seul mérite " d'apprendre ce qu'il ne faut pas faire ".

1939-1945
Cinq années de captivité. Duvillier est déporté en Ukraine puis en Pologne pour plusieurs tentatives d'évasion et pour faits de résistance.

1943
Exposition au Stalag de Cracovie d'oeuvres inspirées par la Genèse.

1945
Mariage avec Mimie Combet. Ils ont deux enfants, Laurent en 1947 et Luc en 1950. Installation à Paris.

1952
Rencontre déterminante avec Charles Estienne, critique influent qui tentait de réconcilier abstraction gestuelle et automatisme surréaliste. Celui-ci l'intègre au groupe "Peintres de la nouvelle Ecole de Paris" qu'il montre à la Galerie de Babylone. C'est ainsi que Duvillier fait la connaissance de Degottex, Hartung, Lapicque, Poliakoff... Duvillier est très soutenu par la critique auquel le lie une grande complicité intellectuelle. Et toutes les expositions collectives organisées par Charles Estienne font alors figure d'événement.

1953
Charles Estienne expose Duvillier avec Degottex, Marcelle Loubchansky at Messagier à la Galerie l'Etoile scellée dont le directeur était André Breton. Participation à l'exposition " Younger European Painters ", musée Guggenheim, New York.

1954-1955
La critique invite Duvillier en Bretagne où il découvre la mer : " j'ai trouvé le mouvement et le geste, ce fut un choc épouvantable " dira l'artiste. Duvillier peint une série de toile polychromes (noir, violet, bleu) sur la mer ainsi que la série des Chevaux de mer, encres de couleur sur papier. Duvillier parle de " liquidité de l'élément originel ". " De ses constatations visuelles il débouche sur le symbole ; de ses rêves, de tout cet héritage qui se perd dans la nuit des temps, il parvient au mythe ", écrit Lydia Harambourg (l'Ecole de Paris, le Dictionnaire des peintres, éditions Ides et Calendes). Il travaille désormais sur des séries.

1955
Charles Estienne avec André Breton et Benjamin Péret présentent sa première exposition personnelle à Paris à la Galerie l'Etoile scellée.

Expositions collectives :
" Alice au pays des merveilles ", présentée par Charles Estienne - Galerie Kléber, Paris (directeur Jean Fournier).
" Pérennité de l'art gaulois ", Musée pédagogique, Paris.
" Encres et aquarelles ", Degottex, Duvillier, Loubchansky, Galerie Kléber.

1956
" L'ile de l'homme errant ", exposition collective organisée par Charles Estienne, Galerie Kléber.

1957-1958
Série de monochromes.
" Brusquement, expliqe René Duvillier, j'ai rompu avec cette période de la mer entièrement polychrome. D'un seul coup j'en ai eu assez et j'ai voulu changer, faire autre chose. Je voulais simplifier. Je voulais rendre la même chose avec des moyens plus simples. Une seule couleur me paraissait suffisante ". Il y a trois périodes : les bleus, les noirs et les violets
Exposition collective, " Le Vide et l'obscurité " à la Galerie Kléber, organisée par Julien Alvard.

1959
Exposition individuelle à la Galerie Smith à Bruxelles. Textes de Julien Alvard.
Exposition individuelle à la Galerie Breteau. Textes de Jacques Woliner.
" 80 Maler der Ecole de Paris ", Vienne, Linz.

1959-1960
Les Tourbillons sur papier, monochromes violet, bleu indigo, carmin.
Exposition individuelle à la Maison des Princes à Pérouges. Textes de H. Maldiney et J. Alvard. René Deroudille achète une grande toile, Viol de la Vierge, exposée maintenant au Musée des Beaux-Arts de Lyon.
" New Trends in French Paintings ", France Bader Gallery, Washington
Jungle Maler de Gegenwart Künstlerhaus, Vienne.
" Antagonismes " Musée des arts décoratifs, Paris.

1961
Série des Traverses, des vents, des orages : " je découvre toutes les directions contraires, espaces différents, opposés toujours... " indique l'artiste.
Exposition personnelle " La mer des vents ", Galerie Smith à Bruxelles.

1962
Série Les javelots et la mer : Duvillier parle de la peur de l'espace qu'il faut lameller pour pouvoir l'accepter, pour pouvoir y vivre.
Expositions personnelles à la Galerie Schoeller et à la Galerie 7, Paris. Texte de Restany.
" Four Men Show ", Castillo, Duvillier, Messagier, Rebeyrolle, Nitta Gallery, Tokyo.

1963
Série Les diables de mer, les luminaires. " Dans toute son oeuvre, il s'agit de prendre possession de la toile par le geste qui engage l'être totalement. Il y a une volonté une détermination dans son acte... Il s'agit d'une conquête et d'une révolte aux allure d'exorcisme ".

1964-1965
Séjour de Duvillier à New York.
Exposition personnelle à la Gallery Byron, New York, texte de J. Alvard.

1966
Contacts avec des scientifiques (CERN, Ecole de chimie, Faculté de Genève). Duvillier découvre une étonnante similitudes entre certaines de ses oeuvres et des photos de phénomènes physiques et cosmiques.
Exposition personnelle " Cycle aérien ", Galerie Schoeller, Paris.

1967
Séries Les regards à la suite d'un choc ressenti par la rencontre de son propre regard avec le regard de l'autre. " L'oeil me donne la dimension du tragique " (RD).
Expositions personnelles.
" De la mer au regard ", Eurogalerie, Montreux (Maryse Haerdi).
" Dix ans d'Art vivant 1955-1965 ", Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence.
" Dessins et aquarelles de Matisse à nos jours ", Irlande et pays de l'Est.
Pavillon français, Exposition Universelle de Montréal.
" Oeuvres choisies ", Bellegarde, Delaunay, Duvillier, Harlung, Galerie Schoeller.

1967-1968
" Une aventure de l'art abstrait ", Musée Galliera, Paris.
Exposition personnelle " Visions ", Eurogalerie, Genève (Maryse Haerdi), texte de G. Gassiot Talabot.
" Cycle des profondeurs et visions ", Galerie Schoeller, Paris.
" Ensemble des peintures de Duvillier ", Union des Banques suisses, Genève
Exposition Collective, " Trois ans d'Art vivant 1965-1968 ", Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence.
" Peintures françaises contemporaines ", Musée de Belgrade, Prague, Bucarest, Varsovie, Zagreb.

1969
Deux expositions personnelles :
" De l'Homme au Cosmos ", Palais des Congrès, Vienne.
" Approche des Planètes ", Maxigalerie Roger et Gallet, Paris.

1970-1971
" Le noyau, 18 sensations internes ", Galerie Armand Zerbib, Paris.
Le jour du vernissage : audition de l'enregistrement " des possibilités pour 2 pianos " de Laurent Wable, dédiées à son père René Duvillier.
" Trois tendances de l'art français contemporain ", (CNAC), Hanovre, Munich, Cologne, Mons, Anvers, Bruxelles, Dublin, Lisbonne, Porto, Milan, Florence.
" Ensemble des peintures de Duvillier ", Palais des expositions, Genève.
8ème Festival international d'Art contemporain, Royan (Pierre Cabanne).

1972
" Parcours, Peintures de 1954 à 197l ", ARC, musée d'Art moderne de la Ville de Paris (Suzanne Pagé). Texte de Michel Ragon.
Commentaire de J.-J.-Lévêque dans les Nouvelles littéraires.
Commentaire de Pierre Cabanne dans Combat.

1973
Jusqu'en 1975 Duvillier travaille à la série Jouissance de l'espace. " Je reconstruirai l'homme que je suis, 33 estrastres ".
Exposition personnelle, Galerie Beno d'Incelli, Paris.
"  Le Nuagisme même ", Musée des Beaux-Arts, Lyon.
" Espace lyrique depuis 45 ", CAC Abbaye de Beaulieu.

1975
" Jouissance de l'espace, 50 plaisirs de faire ", Galerie Beno d'Incelli, Paris et Galerie Soleil, Georges Bongers, Paris.

1976
Série Le caché et l'exhibé.
" Peintures sur papier ". Galerie Soleil, Georges Bongers, Paris.
" Collections d'art abstrait au Musée des Beaux-Arts de Nantes ", musée du Havre et musée de Quimper.

1977-1979
Les retours de mer.

1980-1981
Jusqu'en 1982 les Dieux et les Titans.
Les collections permanentes, musée d'Art moderne de la ville de Paris.
" Autour d'une collection 1945-1980 ", Donation G. Bonnefoi et les amis de Beaulieu, CAC Abbaye de Beaulieu.
" Paris-Paris, 1937-1957 ", Centre Georges Pompidou, Paris.
" L'abstraction lyrique ", Hommage à M. Ragon, CRAC, Château du Tremblaye.

1983-1984-1985
Le cycle des Danaïdes. " L'eau est encore là an 1984. L'eau c'est moi et mes toiles peintes me boivent sans fin. Mes peintures actuelles ont soif sans cesse telles les Danaïdes du fameux mythe grec... "
" Charles Estienne et l'art à Paris 1945-66", Centre nationale des Arts plastiques, Paris.
" Autour de Michel Ragon ", Paris Art Center, Paris.
" Mouille, Prouvé, Bellegarde, Duvillier ", The Deolorenzo Gallery, New York.
Commande d'une tapisserrie national qui sera exécuté en 1987 par l'atelier de Gisèle Brivet-Glandin, Aubusson.

1986
Galerie du Manoir, La Chaux-de-Fonds, Suisse.
" La Collection de Beaulieu ", Abbaye de Beaulieu.

1987
Après 1986, Duvillier ne se consacre plus qu'à ses séries avec leurs variations. Et le traitement de la matière est nouveau. Il associe fluidité et transparence à une épaisseur et à une rugosité du grain.
" Peintures 1955-1983 ", Galerie Mostini, Paris, (catalogue).
" Le lien, art analytique et contre-perspectives ", Art et Culture, l'Isle-sur-la Sorgue.
" Le Visionnaire ", présenté par M. Haerdi, Galerie du Manoir, La Chaux-de-Fonds.
" Hécate ou la lune noire ".

1989
Rétrospective au musée de Morlaix (catalogue).

1990-1991
" L'Envolée d'un regard", Mairie du 6ème, Paris (M. Haerdi).
" Duvillier de 10 en 10", ministère de l'Eductaion nationale, Paris
" Qu'achètent les musées ? ", FRAM Bretagne.
" Initiation ", Ecole supérieure internationale d'Art, Paris.
" André Breton ", Centre Georges Pompidou, Pans.
" André Breton ", Museo Nacional, Madrid.

1993
" Le ciel de la mer ", Galerie Larock-Granoff, Paris.

1994
Galerie P. et N. l'Eplattenier, Lausanne, Suisse.

1995-1996
" Nantes et le surréalisme 1944-1995 ", musée des Beaux-Arts de Nantes.
" Panoramas 1981-1996 ", collections du Frac Bretagne, musée des Jacobins, Morlaix.

1997
" Un combat pour l'art moderne ", hommage à René Deroudille, musée des Beaux-Arts, Lyon. (Viol de la Vierge devient la couverture du catalogue).
" Restauration-Conservation ", CAC, Abbaye de Beaulieu.
FIAC, Stand Larock-Granoff, Paris.
Europ-Art, FIAC, Genève.
Stand Galerie P. et N. l'Eplattenier, Lausanne, Suisse.

1998
" L'Eau de l'air ", Galerie Larock-Granoff, Paris.
A partir de 1998, René Duvillier expose en permanence à la Galerie Alain Margaron, Paris.

1999
" A l'Ouest du monde ", Galerie du Faouêdic, Lorient (Festival interceltique).
FIAC, Stand Larock-Granoff, Paris.
" Actualité des collections du XXe siècle 1996-1999 ", musée des Beaux-Arts, Lyon.
" L'Intimité des dessins ", Galerie Alain Margaron, Paris.
" Figuration-non Figuration ", (FDAC, Val-de-Marne), CAC de Larissa, Grèce.

2000
" Rouge, le sang c'est la vie ", Galerie Alain Margaron, Paris.

2001
" Danaïdes, Feu de mer, Clair de Cobalt de 1982 à 1993 ", Galerie Alain Margaron, Paris.

2002
René Duvillier s'éteint le 5 Septembre, à 83 ans.
" Ici - Ailleurs ", Galerie Alain Margaron, Paris.

2003
" Ici - Ailleurs ", Galerie Doris Benno, Saint-Paul-de-Vence.

2004
" Rétrospective " à la Galerie Alain Margaron, Paris et à la Librairie niçoise, Nice.


2006
Exposition individuelle , « Corps à corps », Galerie Margaron, Paris

2008

"Vous êtes le feu dans l'eau" - Benjamin Perret s'adressant à
René Duvillier - Oeuvres sur papier de 1947 à 2002, Galerie Margaron, Nice



Collections publiques française et étrangère


Centre National d’Art Contemporain, Paris
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
Donation Gildas Fardel, Musée des Beaux Arts de Nantes
Centre d’Art Contemporain, Abbaye de Beaulieu
Musée de Peinture et de Sculpture de Grenoble
Musée de Clamecy - Artothèque de Clamecy
Fonds Régional d’Art Contemporain de Bretagne
Fonds Départemental d’Art Contemporain, Conseil Général Val de Marne
Centre Régional de Documentation Pédagogique de l’Académie de Créteil
The Solomon Guggenhein Musuem, New York, USA
Musée d’Art Contemporain de Skopje, Yougoslavie
Smithsonian Institute, Washington, USA
Musée Cantonal des Beaux Arts de Lausanne, Suisse
IHS Foundation Atlanta, Georgie, USA
Saint Louis University, Saint Louis, Missouri, USA

Bibliographie

2000
"Duvillier - Rouge, le sang c'est la vie", Textes de Dominique Rabourdin, Entretien de René Duvillier & Alain Margaron , Collection Alain Margaron ( Cliquez-ici )

1989

"René Duvillier" - Catalogue publié aux Edition Musée de Morlaix à l'occasion de la Rétrospective "René Duvillier, 1954 à 1989" - 1989 ( Cliquez-ici )


1988
"R.D." Initiale n°17, Edition Aréa , Paris

1987
"Duvillier", Textes de Gérald Gassiot-Talabot, Raoul-Jean Moulin, Catherine Millet,
Michel Ragon, Jean-Jacques Lévêque, Pierre Cabanne - Éditeur Galerie Mostini, Paris

1972
Parcours" , Textes d' André Breton, Benjamin Péret, Julien Alvard, Jacques Woliner, Henri Maldiney, Pierre Restany, Charles Estienne, Gérard Gassiot-Talabot, Emest Schwyn, Maryse Haerdi, Michel Ragon - Arc-Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

1968
"Duvillier, Peintre Cenesthésique" De la Mer au Regard, 1954-1967, Textes de Maryse Haerdi et J.L. Daval - Eurogalerie, Montreux, Suisse

Parus dans la presse

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