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Cojan est entré à la galerie Alain Margaron en 1997. "L'histoire est assez curieuse. J'avais lu un article intéressant..
Parmi les oeuvres de Cojan à la galerie Alain Margaron
Aurel Cojan est entré à la galerie Alain Margaron en 1997. " L’histoire est assez curieuse. J’avais lu un article intéressant dans une revue, Beaux Arts Magazine, sur Cojan et cet article m’avait frappé. Quelques mois plus tard, un jeune stagiaire, Per Marc Pedersen, qui avait repéré des toiles de Cojan dans une galerie parisienne me les signalait, en me disant qu’elles pourraient me toucher. Je laisse tout ça dans un coin de ma tête, et peu après, je rencontre le directeur de la galerie Raph qui me dit : « Je crois que j’ai quelque chose qu’il faut que je vous montre ». Je rentre dans sa toute petite galerie et je découvre les œuvresde Cojan qui me séduisent d’emblée. Je les regarde un bon moment et décide d’en acheter quelques unes. Comme je le fais toujours dans ces cas là, j’emporte les œuvres chez moi, pour vivre avec elles quelque temps et voir si je les aime réellement.
Ce fut le cas. J’ai donc continué à acheter des toiles et des dessins de Cojan chez Raph, et chez d’autres et même à constituer un ensemble important. Visiblement c’était le début d’une aventure. Les collectionneurs auxquels je montrais ces œuvres étaient enthousiastes. Mais je ne parvenais pas à obtenir les coordonnées de l’artiste. Il nous a fallu attendre un an pour réussir à le contacter.
Le jour du rendez-vous, j’ai vu arriver une sorte de gentleman clochard : un homme raffiné, chez qui l’on sentait une excellente éducation, mais habillé comme un clochard.Aurel Cojan portait une grande barbe blanche qui le faisait ressembler à Claude Monet, et un regard bleu intelligent. Dès cette première rencontre, je lui ai proposé un contrat d’exclusivité. Il s’est écrié qu’il en parlerait d’abord à son avocat ! Cojan était assez drôle, à la fois séduisant et un peu roublard mais, bon an mal an, nous avons pu travailler ensemble, de 1997 jusqu’à sa mort. Il me proposait l’ensemble de sa production et je choisissais ce qui me paraissait le meilleur, parfois aussi les œuvres moins bonnes, pour éviter qu’elles circulent. Je lui assurais en tout cas un revenu régulier. Mais il avait toujours besoin d’argent. Cojan était né en Roumanie dans un milieu aisé. Son père, ingénieur en chef de la « Franco-Roumaine de pétrole », était mort après avoir subi une forte perte au jeu. Lui-même était assez joueur, en tout cas dans sa façon de vivre.
Cojan avait commencé à se faire un nom en Roumanie, avec une peinture qu’on connaît mal mais qui semble osciller entre une sorte de néo-cubisme et la tentation de l’abstraction. Il avait représenté son pays à la Biennale de Sao Paulo. Toute cette période est assez obscure. Puis en 1969, il s’est installé en France. Il a trouvé un emploi dans une bibliothèque et s’est remis à peindre. Sa peinture a intéressé tout de suite. Il a été exposé dans plusieurs galeries, dont celle de Jacques Barbier. Mais il était retors avec ses marchands, leur jouant parfois d'assez mauvais tours, ce qui a nui à sa carrière. A la galerie, Nadia a du souvent le rappeler à l’ordre.
Personnellement, j’avais du mal à ne pas sourire devant son regard malicieux. Et ses œuvres étaient là, qui s’imposaient. Aurel Cojan appréciait que je les regarde attentivement. Je ne les comprenais pas toujours immédiatement. Ses tableaux les plus séduisants d’emblée n’étaient pas toujours les plus intéressants. A l’inverse, quand il paraissait avoir fait n’importe quoi, il fallait être très attentif." Alain Margaron (extrait "Un lieu pour voir", 2009).
Avec le recul du temps, je suis de plus en plus persuadé que Cojan est un grand peintre, auteur d'une oeuvre beaucoup plus complexe qu'on ne pourrait penser de prime abord, très personnelle, avec une manière à lui, très raffinée de poser la peinture ou de dessiner. Emmanuel Daydé a très bien analysé son oeuvre dans le livre que nous avons publié en 2009: "Aurel Cojan, le piéton de l'air."
Biographie
1914
Naissance de Aurel Cojan à Beceni en Roumanie dans une famille aisée qui sera progressivement ruinée.
1933-34
Essais de jeunesse (dessins et autres œuvres sur papier).
Très vite, il ne se consacre qu'à la peinture. Cojan s'initie à l'art contemporain en fréquentant le milieu artistique de Bucarest, très vivant avant la guerre. Il découvre la peinture occidentale dans les nombreux livres d'art qui étaient alors disponibles en Roumanie : Cézanne, Matisse, Picasso, Klee, Bonnard, etc.
1945-47
Expositions individuelles de Cojan à la galerie Hasefer et dans les salles de l'Athénée Roumain. Puis, pendant quinze ans, toute exposition lui a été interdite.
1960
Grâce à une relative ouverture du régime, Cojan peut participer à quelques expositions à l'étranger.
1967
Participation à la Biennale de Sao Paolo, où une cinquantaine de ses dessins sont montrés dans le pavillon roumain.
À l'occasion d'un important hommage international à Brancusi organisé à Bucarest, plus de soixante toiles de Cojan sont exposées. Articles élogieux dans la presse. Malgré ce début de reconnaissance et de fréquents achats publics, Cojan décide de quitter la Roumanie.
1969
Installation à Paris où l'artiste vivra jusqu'à sa mort. Il demande l'asile politique qui lui est accordé. Débuts difficiles. Cojan vit d'abord grâce à l'aide du Secours Catholique puis comme gardien de musée et de bibliothèque.
1978
Première exposition parisienne à la Galerie Chevalier. D'autres expositions suivront, à la galerie Raph et à la galerie François Mitaine. Participation à des expositions collectives : Comparaisons, Réalités Nouvelles, Salons de Villeparisis, Musée de Clermont-ferrand. Cojan est remarqué par Danny Bloch du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.
1983
Cojan est décoré des Arts et des Lettres par le Ministre de la Culture.
1995
Premier article publié en france, "L'effroyable jeunesse d'Aurel Cojan" (Eric Suchère, Beaux-Arts Magazine).
1996
A 81 ans, il reçoit le prix décerné par les lecteurs du même journal Beaux-Arts.
1997
Entre à la Galerie Alain Margaron, qui le représente, désormais, en exclusivité.
Principales expositions
1945-1947
Exposition personnelle à la Galerie Hasefer (Roumanie ) et dans les salles de l’Athénée Roumain
1967
Biennale de Sao Polo
Participation à l’hommage international de Brancusi, Bucarest
1978
Galerie Chevalier, Paris
Galerie Raph, Galerie Jacques Barbier, Galerie François Mitaine
Participe aux expositions collectives (Comparaisons, Réalités Nouvelles, Salons de Villeparisis)
1998
Exposition personnelle, Galerie Margaron, Paris
1999
Exposition au Centre culturuel roumain.
2003-2004
Exposition individuelle " Un printemps en hiver à la Galerie Doris Benno, Saint-Paul de Vence.
2004
Exposition personnelle " Rétrospective, De 1980 à 2004 ", Galerie Margaron, Paris.
« Les 90 ans d’Aurel Cojan » au Musée du Ministère de la culture de Bucarest, Roumanie.
2005
Exposition personnelle, « Poésie à vif », Galerie Margaron Nice
2006
Exposition personnelle , « Hommage », Galerie Margaron Paris
2007
Exposition personnelle, "Portraits", Galerie Margaron Paris
2009
Exposition personnelle, "Le piéton de l'air ", Galerie Alain Margaron Paris
Collections publiques
Musée National de Bucarest
Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris
Fonds National d'Art Contemporain
Bibliographie
2009
2001
"Aurel Cojan", Texte d' Alain Margaron, Emmanuel Daydé, et Manuel Jover. Alain Margaron Editions
Parus dans la presse
