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Galerie Alain Margaron 5, rue du Perché 75003 Paris

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Dado

Ces visuels sont libre de droits dans le cadre de l'exposition : " Dado "

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A la galerie Margaron, une cinquantaine d’œuvres de Dado, jusqu'au 5 mai 2012: peintures, collages dessins et gravures, de 1959 à 2002.


« En 1993, quand j’ai rencontré Dado que je collectionnais depuis longtemps, j’ai découvert un personnage étonnant et attachant, érudit, très intelligent, mais l’esprit caustique et provocateur. En ayant la chance de m’entretenir avec lui, j’ai surtout  mieux compris, dans son oeuvre , l’importance du monde de son enfance qui n’a cessé de l’habiter et de la  composition : de longues heures de réflexion, avant de toucher, avec une grande célérité, ses pinceaux.
Nous nous sommes vus souvent ensuite, avons travaillé ensemble, dans une très grande proximité, deux ans, en 2001 et 2002, autour de son grand projet de la chapelle Saint-Luc, près de Gisors dont il a orné les murs de magnifiques peintures. Nous avons, alors, édité un catalogue.
Ces dernières années, nous avons organisé plusieurs expositions individuelles. Pour celle-ci, à côté de quelques peintures et dessins historiques des années 60, nous mettons l’accent sur ses œuvres plus récentes (peintures et collages) ainsi que sur son importante oeuvre gravée de 1982, à laquelle il s’est consacré presque exclusivement pendant une année.
L’oeuvre de Dado bouscule. Elle nous fait participer à la tragédie de l’homme dans l’histoire contemporaine. Elle provoque une réaction de révolte. Je n’y sens pas du nihilisme, plutôt une dimension sacrée qui me touche profondément. »

(Alain Margaron)

 

Miodrag Djuric naît en 1933 à Cetinje au Monténégro (Yougoslavie) dans une  famille où se côtoient l’art, la science et la médecine. la guerre et ses massacres, sont omniprésents durant son enfance. Il a perdu tôt sa mère. Et surtout, il a été traumatisé le jour où, arrivant à l’école, il y a trouvé des pendus. La vision qu’il porte sur l’histoire, sur les horreurs dont l’homme est l’auteur, est profonde. C’est une vision violente et non aseptisée qu’il a exprimée bien avant beaucoup d’autres et avec plus de force. « Un dimanche où j’étais chez lui, je l’ai vu dans tous ses états, incapable de prolonger la conversation, alors que je devais acheter des tableaux, parce qu’il avait appris qu’une jeune femme qu’il ne connaissait pas, venait d’être gravement accidentée sur l’autoroute près de chez lui. » (A.M.)
Toute sa vie, Dado, a lutté contre des démons intérieurs qu’il essayait de tenir à distance en peignant. Son œuvre est noire, habitée par la nuit et l’angoisse mais elle laisse passer la lumière.

Dès l’âge de quatorze ans, il peint chaque jour. En 1951, il intègre l’Ecole des Beaux-arts de Belgrade.

Cinq ans plus tard, Il s’installe à Paris où rapidement il est employé dans un atelier de lithographie. Il y rencontre Jean Dubuffet, Roberto Matta et le marchand  Daniel Cordier qui écrira : « Il semble que la misère humaine se soit réfugiée dans ses bras et transforme cet homme frêle, aux allures d’adolescent, en prophète colossal de la pitié et de l’horreur ».

En 1960, il s’installe dans un ancien moulin dans un village du Vexin. Il se lie d’amitié avec  Bernard Réquichot, fasciné comme lui  par les carcasses d’animaux. La mort frappe à nouveau : son ami se suicide.

L’univers de Dado rejoint ceux de Jérôme Bosch, Brueghel l’ancien, Dürer, Goya et Francis Bacon. Parmi ses lectures favorites : Buffon,  Sade, Barbey d’Aurevilly, Cioran et Michaux.

A propos de des gravures de 1982 que nous montrons, il affirmait: « Dans la pointe sèche, ce qui m’intéresse c’est la lenteur extraordinaire des choses. Plus loin et moins vite que le dessin. Quand je sens que le truc ne peux pas aller plus loin, j’appelle ça terminé. Je suis content de voir que ça respire, que c’est vivant. Ca, je ne peux l’obtenir qu’après plusieurs mois de travail, pas forcément quotidien, pas un travail de bureau, mais il faut que le temps passe, que les premières gelées passent ».






Biographie


1933
Miodrag Djuric, dit Dado  naît le 4 Octobre à Cetinje au Monténégro (Yougoslavie)


1944
Mort de sa mère. Recueilli par son oncle peintre, il vit en Slovénie, à Ljubljana, ville baroque de l’ancien empire austro-hongrois


1951
Dado fréquente l'Ecole des Beaux arts de Belgrade, où il suit les cours de peinture de Marco Celebonovic, qui l'encourage dans son travail


1952
Dado termine sa formation à l'Ecole des Beaux arts de Herceg Novi (Monténégro). Il réalise des peintures d’inspiration baroque dans l'église du pays


1956
Première exposition au Salon de Rijeka (Croatie) aux côtés d’artistes français. Marco Celebonovic l’aide pour son départ à Paris le 15 Aout. Peu de temps après, Dado travaille dans un atelier de lithographie où il rencontre Jean Dubuffet et Roberto Matta


1957
Kalinowski lui fait rencontrer Daniel Cordier qui devient son marchand. James Speyer lui achète son premier tableau. Il quitte Paris pour Courcelle-les-Gisors où il peut désormais et uniquement se consacrer à la peinture


1958
Première exposition personnelle à la Galerie Daniel Cordier. Dado rencontre Jacques Dauchez, Jean Dewasne, François de Liancourt et Bernard Réquichot dont il devient l’ami


1960
Dado s’installe dans un ancien moulin, à Hérouval, près de Gisors. Réquichot lui rend régulièrement visite en fin de semaine


1961
Dado est profondément affecté par la mort de Réquichot. Cette année est aussi celle d’une nouvelle exposition à la Galerie Cordier


1962
Dado séjourne trois mois à New York et y rencontre Hessie, artiste peintre cubaine qu’il épouse, devenant ainsi le père adoptif de ses deux enfants Yasfaro et Domingo. Visite de Hans Bellmer et de sa compagne Unica Zürn à Hérouval


1964
Dernière exposition à la Galerie Codier qui annonce peu après sa fermeture


1965
Hans Bellmer amène André François Petit à Hérouval. Une collaboration s’établit jusqu’en 1970. Naissance de Yanitza, dont Unica Zûrn devient la marraine


1967
Premier achat de l’état : une peinture Hérouval (1967) et une grande fresque (1966) entrent dans les collections du Fond National d’Art Contemporain. Sur les conseils d’ André François Petit, Dado commence à graver ; il exécute ses premières planches avec l’aide d’Alain Controu


1968
Premières lithographies tirées à quelques exemplaires qu’il offre à ses amis ; Naissance de Malcom. Michel Leiris visite son atelier. Roland Penrose lui achète un tableau


1970
Exposition rétrospective au Centre National d’Art Contemporain à Paris, où Dado montre sa voiture, une traction avant, recouverte d’ossements peints


1974
Dado suit une mission médicale avec le frère de J-F Jaeger, le Docteur Georges Jaeger en Centre Afrique chez les pygmés. Une collaboration commence avec les frères Aberbach dont la galerie est située à New York


1976
Dado fait don au Musée National d’art moderne du Dyptique d’Hérouval (1976) ; le dyptique de Montjavoult (1977) entre dans les collections du Solomon R.Guggenheim Museum à New York. Intérêt grandissant pour la bibliophilie avec la réalisation des premières illustrations du Livre de Job


1978
La Scaler Foundation fait don d’une œuvre ancienne de l’artiste Le Massacre des Innocents (1958), au Musée National d’Art moderne , Centre Georges Pompidou. Jusqu’aux années 1980, Dado se consacre essentiellement à l’art graphique : dessins, gravures, collages


1982
Dado travaille toute l’année à l’atelier Lacourière-Frélaut à Paris où il grave seize cuivres qui donnent naissance à une centaine d’états.


1983
Grand Prix étranger de gravure à Varna (Bulgarie). Voyage en famille à Varna, Sofia, puis Istanbul


1984
L’atelier d’Hérouval est à nouveau remplie de tableaux. Rétrospective de ses œuvres à partir de 1961 au Musée Ingres à Montauban. Mort d’Henri Michaux que Dado estimait énormément


1985
Sa fascination pour l’univers des invertébrés et sa découverte de Buffon conduisent Dado à créer un ensemble de tableaux "aquatiques" recouverts d’une vitre, présentés à la FIAC


1987
Poursuite des lectures de Buffon. Soixante quinze fauteils peints voient le jour, envahissant l’atelier jusqu’à saturation. Dado peint également quelques grands tableaux : Le grand Duc, L’Azuréen, Le Sizerin, Les Forges de Buffon


1988
Dado se lie d’amitié avec Pierre Bettencourt  (un proche ami d’Henri Michaux) qui écrit pour l’artiste le texte du catalogue de son exposition en hommage à Buffon ("Buffon naturalisé "). Cette année est aussi celle de l’incendie de l’atelier d’Hérouval. Dado reprend son travail dès le lendemain et réalise un ensemble de sculptures polychromes composées d’objets et d’éléments domestiques rendus inutilisables par le feu


1989
Une importante salle est consacrée à Dado lors de l’exposition de la Donation Daniel Cordier au Centre Georges Pompidou. Séjour à Calcutta à l’automne; réalisation de dessins en couleurs à partir de planches anatomiques indiennes


1991
Création d’un "anti-musée" Dado à Cetinje, ville natale de l’artiste


1992
Premiers séjours dans l’Aveyron à Bez de Naussac (près de Villefranche-de-Rourgue) dans une maison de village. Dado aménage un atelier dans la maison et se sert de vieux draps comme support pour ses toiles


1993
Dado réalise les décors de Tamerlano de Haendel, pour l’opéra de Karlsruhe


1994
Dado investit "les Orphelières", domaine vinicole désaffecté, situé près de Sérignan. L’artiste y séjourne régulièrement jusqu’en 1999 et y réalise des peintures murales et des sculptures objets. Ainsi débute le travail "hors atelier" de Dado


1995
Sa collaboration avec Pierre Bettencourt se poursuit et un nouvel ouvrage de bibliophilie voit le jour "Les négriers jaunes"


1996
Décors pour le Llanto de F.G Lorca, représenté en Février au Théatre impérial de Compiègne, réouvert depuis peu. Dans l’imprimerie de sa sœur, Dado commence à réaliser des collages numériques à partir de photos du Docteur Alibert, dermatologue


1998
Dado achève Tikal, toile dont le Centre Georges Pompidou fera l’acquisition. Il réalise des pots et autres céramiques qu’il installe dans la Pharmacie du Dr Manuel Dufour à Gisors


1999
Dado commence à peindre dans la Chapelle Saint Luc (Gisors) qui date du XIIème siècle


2000
Sonia Criton (DRAC de Rouen) soutient avec efficacité sa démarche à la chapelle Saint Luc. Début d’une collaboration avec Alain Margaron


2001
Dado réalise son premier livre illustré de collages numériques en collaboration avec Alain Jouffroy "La situation est plus grave qu’on ne le croit "


2002
Suite à une collaboration fructueuse avec le fondeur Régis Bocquel, Dado investit le blockhaus de Fécamp, construit vers 1942 par l’occupant allemand. Il y installe des bronzes après avoir orné les murs. Réalisation de L’École de Prescillia, dont il fera don au Centre Pompidou en 2006.


2004
Collaboration avec Matthieu Messagier avec la publication d’un livre de bibliophilie, Une clarté sessile, chez Fata Morgana, illustré de six lithographies originales.


2005
Publication, chez Léo Scheer, de Notes du dehors, manuscrit de Matthieu Messagier enluminé par Dado.


2006
Dado commence à peindre le tableau Suite française. Réalisation de la série Les Oiseaux d’Irène à partir des planches d’un livre d’ornithologie et de reproductions du manuscrit du roman Suite française d’Irène Némirovsky conservé à l’Institut Mémoires de l’Édition Contemporaine (IMEC). Important versement d’archives à l’IMEC.


2007
Achat par le Fonds National d’Art Contemporain de la Suite française (2006-2007).


2009
Représente le Montenegro à la biennale de Venise.


Principales expositions personnelles
De 1958 à 1964
Galerie Daniel Cordier
1970
Centre National d'Art Contemporain
1971
Galerie Jeanne Bucher
1973
Galerie Jeanne Bucher
1974
Musée Boymans van Beuningen, Rotterdam
1975
Galerie Isy Brachot, Bruxelles
1981
Cabinet d'Art Graphique du Musée National d'Art Moderne
1984
Musée Ingres, Montauban
Galerie Beaubourg
1985
FIAC (Galerie Beaubourg)
1986
Galerie Beaubourg, Hommage à Buffon
1991
Création d'un Musée Dado au Monténégro
1995
Galerie Beaubourg
1996
Galerie Beaubourg, Château Notre Dame des Fleurs, Vence
1998
Galerie RL, Beaubourg
2002
Galerie Alain Margaron : "La Chapelle Saint-Luc", oeuvres récentes, collages et peintures sur bois. Edition d’un catalogue.
Février à mai 2002
Musée des Abattoirs à Toulouse : "Dado-Réquichot, la guerre des nerfs". Edition d’un catalogue
2006
Galerie Alain Margaron, "Dado, le choix de la galerie de 1957 à 2005"
2007Galerie Beaubourg, 2 expositions de Dado dans le Marais à Paris
Galerie Alain Margaron à Nice, "Dado, peintures, collages, gravures de 1957 à 2003"

2009 Biennale de Venise. Dado représente le Monténégro.

2010 Dado, la puissance de la peinture, galerie Alain Margaron, Paris

2011 Dado, galerie Jeanne Bucher, Paris




Collections publiques
Fonds National d’Art Contemporain
Bibliothèque National, Paris
Centre National d'Art Contemporain, Paris
Centre Georges Pompidou, Musée national d’Art moderne, Paris
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
Musée d’Art Moderne, Saint Etienne
Musée Boymans van Beuningen, Rotterdam, Pays Bas
Musé de l’Université Brandeis, Boston, USA
Art Institue , Chicago, USA
Solomon R. Guggenheim Museum, New York, USA
Stedelijk Museum, Amsterdam, Pays Bas
Musées Royaux de Belgique, Bruxelles, Belgique
Musée d’Art Moderne de Belgrade
Musée des Beaux Arts de Cetinje



Bibliographie (sélection)

1991
Dado. Texte de Alain Bosquet. Editions de la Différence.
2002
"Dado-Réquichot, La guerre des nerfs" - Textes d'Alain Mousseigne, Catherine Gaich, Alfred Pacquement, Alain Jouffroy, Pierre Bettencourt, Michel Giroud, Daniel Cordier - Entretien de Dado avec Amarante Djuric - Edité par le Musée des Abattoirs de Toulouse à l'occasion de l'exposition "Dado-Réquichot, La guerre des nerfs", du 22 février au 26 mai 2002
2002
Dado,"La Chapelle Saint Luc" - Préface d'Alain Margaron, textes de Bernard Noël, entretien de Dado avec Amarante Djuric - Publié par les Editions Alain Margaron.


Les artistes