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Galerie Alain Margaron 5, rue du Perché 75003 Paris

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René Laubiès dans les années 50

Ces visuels sont libre de droits dans le cadre de l'exposition : " René Laubiès : oeuvres de 1949 à 1965 "

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La Galerie Alain Margaron présente


René Laubiès dans les années 50

du 2 février au 10 mars 2012
du mardi au samedi 11h-13h/14h30-19h30


 

Dès le début des années 50 Laubiès a été un artiste reconnu :

. Galeries prestigieuses (Colette Alendy, Paul Facchetti, Iris Clerc, Yvon Lambert, Galerie Parnass à Wuppertal, en Allemagne… Daniel Cordier aussi s’est beaucoup intéressé à ses oeuvres et lui a proposé une collaboration.
. Collectionneurs importants, aux Etats Unis et en Italie, notamment le Comte Panza.
. Soutien de poètes comme Ezra Pound et Robert Creeley, très proches de lui.
. Musées américains qui ont acheté des oeuvres, exposées au début des années 60.

René Laubiès ne se sentait pas à l'aise avec l'École de Paris, « Trop étriquée, trop d'embrigadement, de lignes, de petits carreaux. Les grands abstraits d'après guerre étaient aux Etats -Unis, en particulier Pollock. »

Il est resté deux ans, de 1956 à 1958, comme « Visiting Professor » à l'Université d’Alabama. « Comme tout est plus grand aux USA, j'ai fait des encres de grand format, me dit-il simplement, au total 6 de plus de 2 mètres sur environ 1m50. »

Le grand large c'était aussi les voyages, en particulier en Asie, où cet artiste né au Vietnam de parents français, au quart chinois, se sentait chez lui. « Votre atelier est partout, sauf à Paris », écrira Georges Salle.

Il peint peu, une dizaine de peintures par an, tout au plus. « Chaque tableau est fait d'un million de choses, il doit être à chaque fois un acte poétique, quelque chose d'essentiel. Je n'ai pas une constitution qui me permette de dire plus de dix choses essentielles par an. »

Il aimait les peintres chinois de la période Song qui cherchaient comme lui, « Les liens de lumière unissant joie et vie, vie et joie, se révoltaient contre l'académisme, se perdaient dans la nature pour retrouver la voie du tao, le souffle vital ».

La nature est très présente, dès ses premiers pastels de 1949 où l'on retrouve l'exubérance de l'Asie. Laubiès veut nous faire aimer la nature, nous apprendre à la regarder, à la pointe du regard où les choses apparaissent et disparaissent presque simultanément, nous faire saisir une part d'éternité dans l'éphémère.

« Je vie dans la nature, je la regarde. Ce que j'observe, un détail, me sert de point de départ. Il ne faut pas décrire mais suggérer, attirer l'attention, puis laisser cours à son imagination. »

Ses pastels à signe vers 1950: « Dans mon esprit ce n'était pas tellement abstrait, c'était la mer, la montagne, les nuages. »

Puis, jusque vers 1956, Laubiès a réalisé des tableaux à signes qui expriment la genèse d'un monde où les couleurs cherchent leur courant, où la forme suit les méandres de la pensée de l'artiste.

Les signes, qui à l'époque étaient dans l'air du temps, représentaient pour lui quelque chose de différent. Ils avaient fait partie de son paysage quotidien au Vietnam où il est né, au Maroc où il a vécu de 1940 à 1943, dans la vallée des merveilles de l'arrière pays niçois où il s’est souvent promené, quand il a poursuivi ses études à Nice.

« Mes signes orientent l'espace, ils conduisent, ils imposent un certain ordre Les signes proches de la calligraphie sont réservés aux dessins. « J'ai plutôt fait des signes dans mes dessins, ceux que je mettais dans mes tableaux étaient différents. Je voulais faire une composition du tableau avec les signes. »

« Laubiès ramène l'art à un état sauvage, le perd dans des marécages inventés où seuls demeurent les traces d'une vie asymptotique. Il ne s'installe pas dans la peinture, la pousse à bout, la met dans tous ses états." Julien Alvard, 1954.

« Rapide et lente, cette peinture est l'art d'un instant dilaté indéfiniment suspendu. » Julien Alvard 1955. Vers 1956, les signes vont disparaitre. Laubiès en avait épuisé la spontanéité, la force créatrice. « J'ai délaissé ces signes quand je suis devenu plus paysagiste, plus proche encore de la nature. » Les traces de l'homme sont effacées sauf quand elles apparaissent par intermittence dans un paysage de bord de mer, comme des silhouettes de pêcheurs sur une barque. La perception est reconstituée sans rien de défini.

« Je pars d'un petit élément vu sur une roche, une pierre ; je vis dans la nature, je la regarde, tout ce que je vois me sers de point de départ. Je le change, je le transforme, cela n'a rien à voir après mais c'est un point de départ. Ce que l'on doit faire, c'est suggérer, attirer l'attention, mais surtout ne pas décrire d'une manière photographique. »

Laubiès peint toujours sur papier : « J’aime une peinture très lisse et, dans cette espèce de marbre ou de parois de rochers, qu’on aperçoive quelque chose de suggéré. »

« Dans ses oeuvres, les choses ne sont pas reconnaissables, sans plus de références qu'ellesmêmes. Il s'agit simplement de formes, de peinture. Ainsi sommes-nous impliqués sans pouvoir nous tromper, comme un son peut-être, sans langage encore trouvé, sans mots qui pourraient nous affecter. » (…) « Ses oeuvres sont une mer immense où nager longuement. » Robert Creeley.

« Laubiès utilise l’encre pour rendre ce qu’il y a de plus subjectif, de plus individuel, de plus éphémère, autrement dit pour créer l’instrument d’un nouvel impressionnisme qui cette fois serait intérieur. (…) Il peint toujours en partant d’une émotion. » Jean Grenier 1960.

« Alors que ses dessins essentiellement dynamiques procèdent par élans, ses toiles étendent une quiétude infinie et atteignent à la plénitude formelle par la grâce d’un même mouvement naturel et réfléchi… Cette immensité intime appelle un infini sans épaisseur, sans expression ni représentation pittoresques… Transition entre le réel et le souvenir, les toiles de Laubiès sont une incantation, une transposition idéale qui garde l’essence des impressions. Parfaite coordination de la lucidité et de l’abandon, de la conscience et de la volupté, c’est l’art de ce qui est dit sans être dit ; le refus de l’objet n’est pas un adieu au réel. » Jean Yves Mock, 1959.

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