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Galerie Alain Margaron 5, rue du Perché 75003 Paris

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Boix-Vives et la nature

Boix-Vives et la nature

de

1962 à 1969

Exposition du 14 mai au 22 juin 2013.

Mon bonheur devant les œuvres d’Anselme Boix-Vives est ancien. Peut être par ce que nous avons tous les deux arpenté les montagnes de Savoie, que nous avons aimé et observé les arbres, les fleurs, les animaux, les églises, les sommets, lui beaucoup plus attentivement que moi et avec l’art de laisser vagabonder ses rêveries. La nature, la beauté du monde ont nourri la soli- tude de son enfance de berger catalan.

Boix-Vives avait une extraordinaire faculté d’imagination mais bien ancrée dans le réel. Si la valeur d’un tableau, comme je le crois, se mesure à l’aulne de sa densité de vie, Boix-Vives avait du génie. Il a su capter le vivant. Ses plantes croissent, ses oiseaux frémissent, s’envolent, ses églises imprègnent le paysage de la simplicité de leur forme, l’architecturent. Comme dans les fables, animaux et humain se confondent. Aucune ressem- blance précise avec des modèles et pourtant des personnalités, des caractères sont saisis avec clairvoyance. A une époque où la publicité, la télévision, le virtuel risquent de nous dessaisir de notre imaginaire, Boix-Vives a laissé libre cours au sien avec une créativité digne des mille et une nuits, mais sans rien nous imposer, par ce qu’il nous ramène à ce que nous avons pu nous mêmes observer, et qu’il puise dans les racines d’un inconscient collectif qui est par définition aussi le nôtre.

Art brut ? Breton l’avait recunnu très tôt ; Dubuffet, l’inventeur de ce qu’on appelle l’art brut, l’a donc ignoré. En fait, Boix-Vives échappe, comme tous les vrais artistes, aux classifications. Pour celui qui regarde, il est avant tout un peintre, comme le montrent ses abstractions, souvent inspirées des feuillages. Il s’est révélé coloriste subtil, peintre inventif allant directement à l’essentiel : laisser frémir du bout de son pinceau la nature, la vie qu’il aime tant.

Qu’il fût autodidacte, c’est évident ; Il n’avait fait aucune étude et n’avait jamais peint ni dessiné avant 61 ans. C’est son fils Michel, inscrit aux Beaux-Arts à Paris, qui l’a initié, puis un ami peintre, Manuel Duque. Il venait de perdre sa femme, de passer la main de ses affaires à ses enfants, pas seulement l’épi- cerie-primeur familiale dont l’affuble la légende, mais quelques terrains et remontées mécaniques à Courchevel, à l’origine de sa réussite d’un autre de ses fils, Laurent (Skis Rossignol), à qui il avait appris lui-même les affaires.

Les techniques, il ne les connaissait pas, mais sur ce qu’il fallait peindre, il n’avait aucun doute. Sa vie intérieure, nourrie de la nature, d’une grande bienveillance et d’utopie se bousculait aux portillons de sa créativité.

Il a réalisé d’emblée des œuvres étonnantes, vite remarquées pas seulement par André Breton, mais par Corneille ou encore Harald Szeeman qui dès 1964 exposait cinquante six de ses gouaches à coté de Louise Nevelson et de Hunderwasser à la Kunsthalle de Berne en Suisse.

J’ai eu la chance de montrer Boix-Vives dès la première année de la galerie, en 1993, et de l’ exposer régulièrement depuis. La rétrospective d’Anselme Boix-Vives en 2009 au musée de la Halle Saint-Pierre à Paris et le livre écrit par Emmanuel Daydé, Anselme Boix-Vives, l’aménagement du monde, ont dévoilé toutes les facettes de son œuvre, de la figuration à l’abstraction. Depuis nous n’avons eu de cesse de rechercher de nouvelles œuvres que nous aimons. L’exposition actuelle permettra de découvrir des oeuvres inédites (mais référencées dans le cata- logue raisonné) avec d’autres qui avaient été accrochées à la Halle Saint-Pierre.

Alain Margaron

Ancien berger catalan illettré, marchand de fruits et légumes à Moutiers en Haute-Savoie, visionnaire utopique mais aussi commerçant entreprenant et investisseur avisé, habitué à aller à l’ essentiel, Anselme Boix-Vives, consacre les sept dernières années de sa vie à la peinture, de 1962 à 1969.

Il est représenté par la galerie Alain Margaron depuis 1993. Principales expositions personnelles : Kunsthalle de Berne par H. Szeemann (1964) ; galeries Denise Breteau, Alice Pauli (Lau- sanne), Daniel Varenne (Genève), Lefebre et Luise Ross (New- York), Charlotte (Munich), Zimmer (Düsseldorf), musée-châ- teau d’Annecy ; musées de Laval, Besançon, Alençon ; l’Aracine ; Manoir de la ville de Martigny en Suisse ; Halle Saint-Pierre (2009).

Derniers livres publiés :
- Anselme Boix-Vives, l’aménagement du monde, texte de Emmanuel Daydé (Alain Margaron Editeur, 2009) ;
- Catalogue raisonné, deux volumes, par Valérie Boix-Vives.

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